UNE SCÈNE NATIONALE ENGAGÉE ET ÉCORESPONSABLE

Défendre nos valeurs par une ligne éditoriale claire et des pratiques cohérentes

Les choix artistiques de la Scène Nationale porteront profondément la marque d’une quête de sens et du respect de valeurs fondatrices et partagées. Ces valeurs guideront tout autant les programmations que les pratiques des équipes vis à vis des artistes et des spectateurs, ainsi que la méthodologie des projets et de l’ingénierie culturelle vis-à-vis de tous les partenaires quels qu’ils soient.

Hospitalité

Nous veillerons à l’accueil qualitatif des artistes afin que la Scène Nationale soit leur maison, que ce soit en terme d’accompagnement administratif et technique ou en terme logistique (qualité des logements, qualité de la nourriture bio en circuit court). L’hospitalité concerne aussi les publics, ils sont accueillis chaque soir de spectacle par tous les membres de l’équipe (pas de postes dédiés au contrôle ou hôtesse de salle), ceci est un choix de la direction que nous conserverons. L’hospitalité des habitants sera aussi au cœur du projet pour faire des bâtiments des lieux de pratique amateur, de réunions, de jardinage, de vie et aussi accueillir les AMAP locales et les acteurs associatifs. Les publics seront invités constamment à être acteurs de leur propre pratique culturelle. Ils sont considérés non comme des consommateurs mais comme des individus sensibles, soucieux de prendre part à la communauté à laquelle ils appartiennent.

Engagement

Les grandes problématiques de notre époque seront la matière de base de la programmation. Développement durable, égalité (géographique, sociale, de genre…), ouverture à toutes les cultures s’inviteront sur les plateaux et dans l’espace public. 

Les spectacles programmés, en prise avec les problématiques de la société, seront reliés à des rencontres thématiques (conférences gesticulées, fil rouge thématique du FAB, tables rondes…), comme une dramaturgie de nos actualités contemporaines. Nous cherchons les œuvres, les artistes qui mettent en perspective notre responsabilité collective, suscitent du débat par le biais du sensible, par un aller-retour permanent entre le personnel et l’universel, l’intime et le politique. Il s’agit pour le public de prendre part à l’élaboration d’une pensée sur le monde dans lequel nous sommes.

Innovation et créativité

Nous veillerons à réinterroger régulièrement nos modèles (tant de projets que structurels) afin d’être à l’écoute des mutations et des nouveaux enjeux. Le schéma sera sans cesse amélioré, permettant une qualité qui va à la rencontre des nouveaux besoins des artistes, des publics, des collectivités, des partenaires. L’originalité de la combinaison de modèles de fonctionnement adaptés répond à la nécessité de porter la complexité des besoins et des missions sans alourdir les charges de fonctionnement, tout en ouvrant à des sources de financement nouvelles. La veille sera constante pour répondre à des appels à projets : fonds européens, collectivités, fondations ; Carré-Colonnes inventera et renouvellera sans cesse ses activités comme ses missions et ses projets générant de nouveaux modèles opérationnels : commandes à des artistes, conception d’événements, invention de prototypes de projets uniques. Nous organiserons des séminaires internes de créativité sur des questions de public, d’accompagnement des artistes, de médiation, ainsi que des séminaires externes sur l’ESS, les technologies, l’urbanisme…

Diversité et parité 

C’est l’une des missions des scènes nationales de permettre sur tout le territoire de développer l’expérience collective de découverte de toutes les cultures, pour sensibiliser à d’autres modes de pensée, d’autres modes de vie, d’autres langues et favoriser l’intégration de populations nouvellement arrivées, mais aussi celles dont la migration est plus ancienne et dont nous n’avons jamais terminé d’explorer la richesse et la résonnance. La démarche interculturelle s’entend aussi vis à vis des cloisonnements et fractures au sein même de notre société (générationnelle, géographique, sociale, culturelle). La parité au sein de la programmation sera poursuivie comme elle l’a été depuis 10 ans, avant même que le sujet soit au cœur des préoccupations.

Mobilité et itinérance

Nous avons commencé à développer des projets in situ, passé commande à des artistes pour écrire leur geste artistique en lien étroit avec les territoires et les habitants qu’ils rencontrent. 

Les moyens supplémentaires offerts par le label de Scène Nationale nous conduiront à développer particulièrement cette ingénierie de projet. On a beaucoup parlé de mobilité des publics, nous sommes convaincus que la mobilité des activités, via des dispositifs « tout terrains » doit être un axe de leur mission de démocratisation culturelle. 

Décloisonnement

La grande exigence artistique et intellectuelle que nous portons dans nos choix nous a convaincu que pour accueillir largement les habitants, pas seulement les publics convaincus, il nous fallait nous ouvrir à la plus grande diversité des formes. C’est ainsi que culture populaire et culture savante doivent se retrouver au cœur d’un même événement, projet, saison, festival. La coexistence de la gravité et de la joyeuseté offre, comme dans la vie, le loisir de s’approprier le sens de ce qui est développé. Développer la fête, développer les projets participatifs dans la saison et dans les festivals, c’est notre ambition. 

Pour générer du lien, de l’adhésion, du désir de se rassembler pour construire quelque chose de commun, nous avons besoin de participer à un événement qui nous fasse vibrer. Et pour cela, il faut créer des espaces où cela est rendu possible. Notre ligne éditoriale comprendra une programmation traditionnelle en salle mais aussi des créations participatives et l’organisation des festivités qui s’y rattachent. Il en va de la considération et de l’écoute que nous devons à nos contemporains pour sortir de l’attitude de léger surplomb que la culture maintient trop souvent. 


Contribuer à la transition écologique

La crise écologique globale, qui se manifeste par le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la raréfaction des ressources, et les pollutions diverses, est avant tout un défi culturel, déterminé par nos comportements individuels et collectifs. 

Il est loin aujourd’hui le temps où les climato-sceptiques pouvaient nier l’urgence et l’importance des problématiques environnementales et leur corollaire social. La culture a ici aussi une carte à jouer : éducative, collaborative, exemplaire. 
Notre contribution à la transition écologique prendra les directions suivantes :

- Révéler la richesse des réponses portées par les artistes aux problématiques écologiques actuelles et accompagner l’émergence d’une nouvelle culture de la nature et de la soutenabilité en initiant, produisant, diffusant des contenus artistiques qui contribuent à la sensibilisation
- Adopter des pratiques écoresponsables sur l’ensemble de nos activités
- Rendre visible au niveau national la contribution culturelle dans le partage avec les populations des préoccupations environnementales
- Initier une politique d’aménagement culturel durable, notamment par la coopération avec les ressources locales 
- Inscrire dans sa programmation des propositions artistiques suscitant le débat sur ces questions
- Inviter dans ses espaces des acteurs militants du développement de nouvelles pratiques (agriculteurs locaux, circuits courts…)

1. Initier, produire, diffuser 

De nombreuses œuvres questionnent notre rapport à l’environnement. L’écologie a trouvé ses plus éloquents émissaires dans la dernière génération d’artistes.  
La nature et l’environnement social ne deviendraient-ils pas ainsi parmi les sujets les plus caractéristiques de l’art de notre époque ? 
De nombreux artistes s’emparent des grands enjeux sociétaux et environnementaux et participent à l’émergence d’une culture écologique. Les artistes partout dans le monde se penchent sur ces questions, inventent des formes nouvelles qui permettent de se familiariser avec cette complexité, de se construire une compréhension plus claire, voire d’entrer en action ; les institutions, les entreprises, les associations inscrivent un volet « développement durable » dans leurs stratégies.  

La Scène nationale sera un lieu privilégié de production d’œuvres traitant de ces questions et d’accompagnement de projets qui induisent parfois une implication des habitants dans un rapport innovant avec l’espace collectif ou des rapports d’implication individuelle avec l’environnement.

2. Pratiques éco-responsables 

Carré-Colonnes a depuis de nombreuses années avec Echappée Belle mis en œuvre ces principes de développement durable, tant dans son organisation que dans sa programmation. 

Plutôt que de long discours, voici quelques exemples de mesures à mettre en place (certaines sont déjà faites, en cours, d’autres restent à planifier) :

- Un composteur partagé 
- Le tri des déchets y compris bio déchets dans les bâtiments et sur les HLM
- La dématérialisation : Comptabilité (obligation légale au 01/01/19), Billetterie, Contrats de cession, Paies au 01/09/19
- La limitation les déplacements en favorisant les autres modes de travail collaboratifs, les véhicules de services électriques ou hybrides, en rationnalisant déplacements des artistes
- L’achat de fournitures administratives éco responsables
- L’accompagnement des artistes dans une réflexion écologique autour de leur création
- Une Charte de bonnes pratiques pour les projets en production
- Des décors et scénographies réutilisables / recyclables 
- Un accueil des artistes bio/circuit court / ZD
- Des hébergements au plus près des sites de jeu / chez les habitants
- Favoriser les prestataires locaux
- Une Charte accueil des artistes affichée et annexée aux contrats
- De la signalétique réutilisable
- Le tri des déchets y compris bio déchets (saison, festivals)
- Des frigos solidaires devant les lieux pour les restes de catering
- Avoir une image plus parlante sur notre écoresponsabilité
- Covoiturages encouragés et navettes pour les spectateurs

3. Réseau de festivals Nouvelle-Aquitaine

Afin de réunir et renforcer les dynamiques qui existent déjà sur l'ensemble de la région, les Francofolies de La Rochelle ont initié un cercle de réflexion et d’actions rassemblant des acteurs du secteur culturel et de spécialistes, techniciens, des sujets liés aux questions environnementales. 

En mars 2019 se sont réunis à la DRAC de Bordeaux : le Festival de la BD d'Angoulême, Festival Musicalarue, Festival Musique Métisse, Festival des films ornithologiques, Festival Reggae Sun Ska, Festival Saint Abbaye aux Dames, Coconut Musique, Le Carré-Colonne/FAB, et les Francofolies.

4 axes de travail ont été identifiés qui concernent une démarche écoresponsable large :

- Diagnostics / évaluation/ identifications des bons partenaires, interlocuteurs / sourcing pour connaître son empreinte écologique
- Actions opérationnelles pour lutter contre le gaspillage, les pollutions associées
- Sensibilisation par les contenus artistiques
- Sensibilisation des publics par l’organisateur 

La Scène nationale s’engagera dans cette démarche collective, notamment sur la question de création de contenus. Des temps de travail du réseau seront chaque année accueillis lors du Festival Echappée Belle, particulièrement exemplaire sur les pratiques écoresponsables. 

4. Partenariat avec le futur Parc Naturel Régional du Médoc et les espaces naturels sensibles de Gironde

Le 26 mai 2019, le décret de classement du Parc naturel régional Médoc a été publié au journal officiel. Le Médoc devient donc le 5ème Parc régional de la Nouvelle Aquitaine, avec ceux des Landes de Gascogne, Périgord-limousin, Marais Poitevin, Millevaches en Limousin. Le Parc Naturel Régional Médoc rassemble 51 communes situées sur le département de la Gironde. Il occupe une position de choix dans le Sud-Ouest avec à proximité la métropole bordelaise, devenue agglomération porte. 102 750 habitants vivent sur ce territoire de près de 234 000 hectares.  

Au terme de 10 ans de co-construction avec les forces vives du territoire (associations, entreprises, agriculteurs, viticulteurs, forestiers, acteurs culturels…), les élus locaux et les partenaires, le Médoc a saisi l’opportunité de faire reconnaître au niveau national la qualité et la richesse de son patrimoine naturel, culturel, architectural et paysager ainsi que la vitalité de ces acteurs. Il constitue un cadre partenarial avec les villes portes (Blanquefort, Eysines et Parempuyre…) et Bordeaux Métropole.  

Le PNR est avant tout un outil de développement du territoire qui s’appuie sur ses fondamentaux comme ses immenses espaces, ses paysages variés, son eau, son économie forestière et viticole, ses entreprises qui ont développé des savoir-faire uniques (le composite, les artisans du bâtiment, les métiers de bouches, la tonnellerie, l’élevage, l’ostréiculture…) et son économie touristique.  

En apportant des outils aux services de tous ceux qui souhaitent développer le Médoc en valorisant ses ressources, le PNR Médoc poursuivra un objectif transversal : concilier développement économique et social avec la préservation d’un territoire d’exception. La Scène Nationale travaillera en partenariat avec le PNR notamment sur 2 axes :
- La préservation des unités paysagères par leur mise en valeur
- Enrichir la culture médocaine en faisant de la culture un moteur du projet de vie sociale du territoire et en mettant en réseau les acteurs culturels. 

Les contacts ont déjà été pris et une journée de travail est prévue en mars 2020 en collaboration avec l’OARA et le PNR Médoc pour inviter les autres parcs de Nouvelle Aquitaine à parler de leurs expériences partenariales avec des structures culturelles. 

Les Espaces naturels sensibles sont un espace dont le caractère naturel est menacé et rendu vulnérable. Dans la charte des ENS, le Département de la Gironde, en charge de la politique ENS sur son territoire précise ainsi : 

« Les Espaces Naturels Sensibles de la Gironde représentent un patrimoine d’intérêt collectif reconnu pour ses qualités écologiques, paysagères, ses fonctions effectives d’aménités, qu’il est nécessaire de préserver et de transmettre. Ils accueillent des habitats et des espèces animales ou végétales remarquables et /ou représentatifs du département, ou présentent des fonctionnalités écologiques indispensables à leur maintien. Ils complètent ainsi les dispositifs de protection réglementaire. Les Espaces Naturels Sensibles de la Gironde contribuent à un développement intégré harmonieux et durable du territoire girondin. Ce patrimoine naturel est qualifié d’Espace Naturel Sensible à partir du moment où il bénéficie de l’action du Conseil Général de Gironde et qu’il fait l’objet d’une gestion adaptée.»(Extrait de la Charte des Espaces Naturels Sensibles de la Gironde – Conseil Général de la Gironde – Mai 2013.)

Dix-huit ENS sont sur le territoire, certains ont une programmation culturelle de mise en valeur. Nous nous rapprocherons du Conseil Départemental pour organiser ensemble et/ou mettre en cohérence nos programmations. 

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